Cinq pays, cinq rencontres

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A mi-parcours de notre voyage, nous nous souvenons de ces personnes croisées sur notre route et qui font la force de notre périple.

Six mois... La moitié de notre parcours. Commencé à Bogotá, en Colombie, notre périple journalistique nous a amené jusqu'au Chili. Bientôt nous remonterons, petit à petit, vers le Venezuela.

A travers notre rendez-vous hebdommadaire avec Youphil, nous avons croisé les multiples visages de la solidarité sud-américaine. Des visages, oui, car l'engagement est souvent l'affaire de personnes qui n'hésitent pas à nager à contre-courant pour défendre les idées qu'ils croient justes. Le voyage prend tout son sens dans les têtes-à-têtes et les confrontations avec des cultures et pensées différentes.

Pour fêter cet aniversaire nous vous présentons donc quelques personnages qui nous ont marqués...

Wilberg Mestre, Indien Arhuaco, commercialise du café bio. Colombie.

Habillé du costume traditionnel arhuaco en toile blanche, sandales au pied, la joue gonflée par une boule de coca mastiquée à longueur de journée, Wilberg n'a rien d'un “business man”. Pourtant, dans sa mochilla (sac porté en bandoulière) se cachent des maquettes de présentation du café bio Tiwun, vendu aux Carrefour colombiens et dont 70% des bénéfices sont reversés au producteur.

Il affronte, bravache, les costume-cravates vêtu ainsi, libéré de la honte de son propre père qui avait été forcé à porter des habits occidentaux. Nous surnommant malicieusement “hermanos menores” (“petits frères”), il nous a expliqué, dans un village aux huttes de bois, l'importance, pour son peuple, de laisser la nature reprendre ses droits sur les champs de ceux qu'ils nomment les “colons”. L'équilibre mondial en dépendrait.

Fier de ses traditions, il a pourtant affronté l'intransigeance des “mamos”, les chefs spirituels de son peuple, qui considèrent le café comme une plante étrangère. Il est parvenu à les convaincre que cette culture serait à terme bénéfique.

Mercedes Guandinango, Indienne quichua, accueille des touristes. Equateur.

Quand elle était femme de ménage dans la capitale équatorienne, à Quito, elle ne voyait sa fille qu'en fin de semaine. Depuis qu'elle héberge des touristes, Mercedes vit auprès de sa famille, dans un village sans route, à une heure d'Otavalo.

Elle nous a confié son stress quand le premier "client" a franchi sa porte, et détaillé les aménagements réalisés pour héberger les "étrangers". Sa reconversion ne s'est pas faite sans difficulté. Face aux touristes avides de questions, elle est allée puiser dans ses souvenirs, ceux de sa famille et de ses voisins, ses traditions oubliées.

Aujourd'hui, avec ses amies, elle fait de la poterie, un artisanat qui n'était plus pratiqué dans le village, elle ne porte plus de pantalon mais une ample robe et enseigne le Quichua à sa fille. Elle espère bientôt agrandir sa maison car si les touristes dorment dans une chambre-salon avec cheminée et salle de bains, son mari, sa fille et elle se partagent une seule pièce sans toilettes.

Jesús Gómez, glaciologue. Pérou.

Depuis sa naissance, Jesús Gomez voit les sommets enneigés de la Cordillère Blanche équatorienne. Fasciné, il n'imaginait pas vivre loin de ces glaciers. Nous l'avons rencontré à Huaraz, au Nord du pays, au coeur des Andes, lors de notre reportage sur la fonte des glaces accélérée par le réchauffement climatique.

Une situation qui lui fait perdre son calme habituel. Lui qui échangeait des blagues avec son compagnon d'enfance aujourd'hui chauffeur, qui éclate de rire quand son fils lui fait remarquer que l'heure de son aniversaire tombera pile au moment de la récréation, se fait grave quand il désigne des mines fermées qui déversaient du plomb et du zinc dans les rivières.

Il s'assombrit un peu plus quand, au pied du glacier, il constate que de nouveau, il rétrécit. Mais son sourire revient rapidement, il fait le métier dont il a toujours rêvé, et loin des chiffres et calculs griffonnés sur son petit carnet, il aspire avidement l'air frais de sa montagne.

Fausto (1), Indien guarani, ouvrier agricole. Bolivie.

Nous savons peu de choses de lui et pourtant il nous a bouleversés. Fausto n'a plus de dents, son dos est courbé, il tremble et pourtant il a seulement 55 ans. Il y a encore peu de temps, sa vie ne lui appartenait pas. Dans l'Alto Parapeti, au sud de la Bolivie, l'esclavage est toujours une réalité.

Fausto lit, ou plutôt déchiffre une lettre écrite phonétiquement et qu'il conserve précieusement, comme une vieille relique. Cette lettre raconte l'histoire du peuple guarani de la région, des grands propriétaires terriens se comportant comme de grands seigneurs médiévaux. Elle décrit sans détour les coups, les abus sexuels, la malnutrition...

Fausto ne dira à aucun moment qu'il a vécu la même chose. Il imagine déjà les représailles de son chef qu'il désigne, les dents serrées, sur une photo jaunie. “Si je parle ils vont encore me frapper. A cause de leurs coups, ma femme dit que je ne suis plus très normal”, lâche-t-il. Malgré sa peur, il donne un coup de main à l'Inra (l'Institut national de réforme agraire bolivien) qui entame le long processus de la redistribution des terres.

Winnie Lira, Présidente de la Fundacion Solidaridad (Fondation Solidarité). Chili.

Elle ne veut plus qu'on la prenne en photo. Winnie pose à côté d'un cliché représentant les femmes de disparus sous la dictature de Pinochet. De mauvais souvenirs lui reviennent... Mais nous ne pouvons vous en dire plus. Un long dossier portant sur les Organisations d'économie populaire (OEP) au Chili vous racontera la suite en février...

(1) Ce prénom a été changé pour des raisons de sécurité.

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Comentarios

Vivre avec l'autre

Les expériences de partage humain sont de loin ce qui fait avancer l'homme dans sa compréhension de l'autre. Nous, occidentaux, oublions souvent vite combien nous sommes chanceux. Les difficultés que rencontrent les hommes de là-bas doivent gonfler notre humilité. Pour un tourisme non de masse mais de respect et d'apport.

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Wow, sa doit être formidable

Wow, sa doit être formidable de voyager et de rencontre d'autres gens avec des différentes cultures, rien que le beau paysage sur vos images sa donne envi de tenter l'aventure.
Merci beaucoup pour cette article, et je tiens a vous souhaitez une bonne continuation, au plaisir de lire vos articles :)

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