
Que deviennent les dons à Haïti?
Du don en ligne à l'arrivée de l'aide aux Haïtiens, Youphil a suivi toutes les étapes d'un don destiné à Haïti.
Tout commence par un grand sentiment d'impuissance face à une catastrophe qui se déroule à l'autre bout du monde. Seule façon d'agir: donner. Une fois choisie l'ONG vers qui se tourner, votre don parcourt un long chemin avant de se transformer en aide concrète pour Haïti. Prenons comme exemple ce qui se passe quand on donne à Action contre la faim (ACF).
AU MOMENT DU DON
> Paiement en ligne ou par chèque?
Vous commencez par choisir sous quelle forme vous allez donner. Paiement en ligne ou par chèque? Chez ACF, la moyenne d'âge des donateurs est de cinquante ans, par conséquent, l'utilisation traditionnelle du chèque reste fortement ancrée.
Il est aussi possible de faire une simple promesse de don, par téléphone. Elles représentent environ 8% de la collecte et sont fiables à 60%. "Mais ce taux varie avec l'actualité", précise Nicolas Trombert, chargé de la gestion des dons chez ACF. "Avec des catastrophes comme Haïti, ça monte à 80%". Le don par internet s'est néanmoins très fortement développé.
> L'efficacité inédite du don en ligne
Et les ONG le plébiscitent! En effet, un don effectué sur internet arrive instantanément sur le compte de l'organisation, contrairement au chèque, qui demande un délai d'environ deux jours entre l'envoi du don et son arrivée sur le compte. "La rapidité du don sur internet nous permet d'agir immédiatement", explique ACF.
> Le web est plus généreux
Les donateurs qui utilisent internet donnent en moyenne, pour Haïti, 73 euros. Ceux qui choisissent d'envoyer un chèque donnent 65 euros. Pour certaines ONG, comme Médecins sans frontières, 90% des dons passent par internet. Depuis le séisme, ACF a récolté 1,4 million d'euros. En tout, les Français ont donné plus de 15 millions d'euros pour Haïti.
LA REPARTITION DES DONS
> Jusqu'au dernier centime pour Haïti
Au moment de faire un don sur le site d'ACF, il est clairement indiqué que l'argent sera, par défaut, affecté à l'organisation de l'aide à Haïti. Il est néanmoins stipulé que "si vous ne souhaitez pas cette affectation, merci de nous l'indiquer".
Si vous donnez dix euros, "ils devront être dépensés jusqu'au dernier centime sur nos missions d'Haïti", souligne Nicolas Trombert. "Nous devons justifier au centime près à la Cour des comptes où vont les dons". Les dons ont même un code d'affectation, "HA" pour Haïti, qui permet une bonne tracabilité.
> Pour la reconstruction aussi
Mais si les dons vont à Haïti, il n'est pas précisé quand. Ils peuvent aussi bien servir à la mission d'urgence, qui ne dure que quelques semaines, qu'à la reconstruction. Cette deuxième partie est longue et coûteuse, mais génère beaucoup moins d'attention médiatique et par conséquent, moins de dons.
> Le formulaire va changer
Devant l'affluence de dons, ACF s'apprête à modifier son formulaire de don en ligne, comme l'a déjà fait Médecins sans frontières. Le but: encourager les donateurs à laisser l'ONG choisir à quelle mission sera attribué le don. Le tout pour éviter la situation vécue lors du tsunami de 2004, où les organisations avaient reçu plus d'argent qu'elles n'en avaient besoin pour cette mission précise.
CE QUE DEVIENT LE DON SUR LE TERRAIN
> De l'achat de denrées
Evidemment, l'argent donné sert à fournir de l'eau et des aliments pour les populations qui en ont besoin. Il servira aussi, dans la phase de reconstruction, à fabriquer des réseaux d'accès à l'eau par exemple. Mais sur le montant du don, seule une partie va directement à ce type d'opération.
> De la logistique
Car fournir de la nourriture nécessite toute une organisation en amont. Il faut coordonner les flux financiers, gérer la logistique, payer l'acheminement des denrées... Tout cela a un coût, que les dons servent à couvrir. A ACF, 20% du don concernent les coûts administratifs (bureaux, salaires, communications...).
> Très variable selon les missions
La part logistique varie néanmoins grandement selon le contexte géopolitique dans lequel le don intervient. Elle est plus importante quand il faut acheminer des denrées dans des zones difficiles d'accès. "Mais cette part diminue lors de grosses missions comme Haïti", explique Nicolas Trombert. "Par exemple, Airbus nous a gracieusement permis d'utiliser un avion, ce qui aurait représenté pour nous une dépense considérable".
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Un beau témoignage sur Amma
Isabelle