Joaquim, paysagiste volontaire en Amérique du Sud

Email this page

Le témoignage d'un des nombreux volontaires que nous avons croisé sur notre route: Joaquim Rufat, 25 ans, qui a participé à deux projets comme paysagiste en Argentine et au Chili.

"Rempli de doutes sur mon avenir professionnel, je voulais me rendre utile. Plutôt que de faire un énième stage dans une agence parisienne, j'ai décidé de partir travailler à l'étranger. Je parle couramment espagnol et j'ai toujours voulu aller en Amérique Latine.

Je me suis dit que mon aide serait la bienvenue. J'espérais aussi pouvoir réaliser, construire rapidement ce que je pourrais dessiner. Au cours des études de paysagiste nous présentons beaucoup de projets d'aménagement qui restent fictifs. Je savais, par expérience, que travailler dans un pays étranger est une bonne façon de voyager. On s'imprègne facilement de la culture au contact de ses collègues et on peut ensuite parcourir le pays en profitant de leurs conseils.

Une camarade de mon école avait fait un stage dans le parc national El Palmar, au nord-est de l'Argentine. Elle en gardait de très bons souvenirs. J'ai donc contacté l'intendant du parc qui m'a mis en relation avec le paysagiste qui y travaille. Nous nous sommes mis d'accord sur l'objet de ma mission lors de mon séjour: dessiner un arboretum, une collection de plantes natives du parc.

J'avais aussi prévu d'aller au Chili. Une amie a travaillé pour un centre culturel de Valparaiso, l'école de carnaval Miltambores. Elle m'a parlé d'un terrain appartenant à l'association, une ancienne décharge. J'ai contacté Chago, le directeur de l'école de carnaval, qui a immédiatement accepté mon aide.

« Difficile d'obtenir un peu d'attention »

Je suis arrivé au Chili un peu avant la fête nationale, le 18 septembre. Je suis allé directement au centre culturel à Valparaiso, où il était convenu que je logerai. Le centre était en pleine effervescence pour les préparatifs du carnaval qui a lieu début octobre. Il était assez difficile d'obtenir un peu d'attention de la part des organisateurs de l'événement. J'ai mis une bonne semaine avant de savoir où se situait le terrain que je m'étais engagé à aménager.

Et le moment était plutôt à l'urgence qu'à des projets de longue haleine. Il fallait préparer le parc à accueillir des activités autour du carnaval, ateliers de cirque, de musique... J'ai donc fait un peu d'entretien, de nettoyage et j'ai aussi aidé à accomplir d'autres tâches, là où il y avait besoin de main d'œuvre.

J'ai bien profité du carnaval, avec les privilèges qu'avaient les bénévoles, trois jours de fête, de danses et de concerts dans toute la ville de Valparaiso. Ce séjour m'a aussi permis de me rendre compte de plusieurs choses : les gens n'avaient pas la moindre idée de ce qu'est un paysagiste, ils ne savaient pas non plus comment j'allais pouvoir les aider, mais bien sûr mon aide bénévole était la bienvenue.

En Argentine, un mois en pleine nature

J'ai ensuite pris la route pour l'Argentine, directement vers le parc national El Palmar, à une trentaine d'heures de bus de Valparaiso. Je me suis installé dans le bâtiment de l'intendance, au milieu du parc où je suis resté pendant tout le séjour.

J'ai immédiatement commencé mon travail dans la pépinière pour me familiariser avec la flore locale. J'avais plus ou moins les mêmes horaires que les gens du parc, soit de 7h à 14h.

L'après midi je commençais doucement à dessiner le projet d'arboretum. En m’appuyant sur les données géographiques du terrain et les plantes locales j’ai dessiné un jardin qui soit à la fois agréable à la promenade et éducatif au sens botanique. J'ai défini les circulations, chemins, et les espaces plantés en veillant à intégrer l'accessibilité aux personnes handicapées.

J'ai ainsi passé un mois en pleine nature. A 14 heures toute l'administration quittait le parc. Il ne restait à l'intendance plus qu'une autre stagiaire et moi. J'en ai profité pour me promener dans le parc, me baigner dans le fleuve Uruguay, dessiner, bouquiner... certaines après-midi ont été assez longues. Il était difficile de quitter et de regagner le parc ensuite. C'était donc un peu une vie d'ermite, mais pas désagréable.

J'ai présenté mon projet dans les temps avec le regret de ne pas être resté plus longtemps pour approfondir ma connaissance des plantes locales. J'ai laissé beaucoup de travail au paysagiste du parc, mais en un mois il était difficile de faire autrement.

"Une motivation en baisse"

J'ai fini par revenir à Valparaiso, un mois après la date convenue, pour le nouvel an. Il ne me restait plus que très peu de temps à y passer. Avec peu d'objectifs concrets et une motivation à la baisse. J'ai dessiné quelques aménagements  ponctuels : belvédère, escaliers, détails techniques, plantations à réaliser dans le parc du centre culturel mais sans arriver à m'intégrer dans leurs projets et sans passer à la construction.

J'étais toujours prévenu à la dernière minute des interventions ou des ateliers jardinage. Mon grand regret est de ne pas avoir mieux préparé mon séjour à Valparaiso et de ne pas avoir plus de temps pour travailler avec les habitants du quartier."

 

Email this page

Comentarios

La culture chilienne,

La culture chilienne, rescapée de la violence et de la répression subies dans son l'histoire récente, fleurit à nouveau, portée par un peuple volontaire et chaleureux. Si ce pays possède la plus importante population d'ascendance européenne d'Amérique du Sud, ses traditions autochtones se maintiennent dans les Andes et les plaines du Sud. En outre, ses superbes parcs nationaux se prêtent parfaitement à la randonnée et à l'observation de la faune wireless internet. Ce voyage vous entrainera de Santiago au désert d'Actacama, de la région des Lacs à Valparaiso, avec une échappée en Patagonie et un détour par une colonie de pingoins.