
Coup d’envoi de l’année de la biodiversité
Un quart des espèces sont toujours menacées. 2010 a été déclarée par l'Onu année de la biodiversité.
Un coup d’envoi et déjà un aveu d’échec. A peine lancée, l’année 2010 de la biodiversité fait apparaître une triste réalité: les pays du monde entier n’ont rien fait pour stopper -ou au moins ralentir- la disparition effrénée des espèces animales et végétales.
Pourtant, en 2002, lors du sommet de la Terre qui s'était tenu sous l'égide de l'Onu à Johannesburg, les pays du monde entier s’étaient engagés à "freiner significativement" l’extinction des espèces à l’horizon 2010. Mais aujourd'hui, le constat est amer: "nous ne parviendrons pas à atteindre cet objectif", a annoncé d'emblée Angela Merkel en donnant le coup d’envoi de cette année, le 11 janvier.
La chancelière allemande a également rappelé un chiffre très inquiétant: le taux de disparition des espèces est de 100 à 1000 fois supérieur aux taux naturel -lorsque la nature a le temps d’intégrer la perte de certaines espèces. A ce rythme-là, un quart des espèces pourraient ainsi disparaître au milieu du siècle si rien n’est fait.
> Les six menaces pour la biodiversité (désignées par le sigle "HIPPO"):
- la destruction qui pèse sur les habitats naturels (H)
- les effets néfastes des plantes invasives (I) (introduction de plantes qui prennent la places des espèces locales par exemple)
- la croissance de la population humaine (P)
- la pollution due aux activités humaines (P)
- la surexploitation d’espèces maritime et terrestre (O, de l’anglais "overexploitation").
Face à ces dangers, les ONG de défense de l’environnement appellent notamment à la création d’un GIEC de la biodiversité, c’est à dire un groupe d’experts internationaux dédié à évaluer les mesures à prendre pour agir.
En France, la Ligue ROC (qui fait partie du réseau mondial IUCN) suggère également la mise en place d’une fiscalité favorable au respect de la diversité des espèces, ainsi que l’établissement d’un "atlas des enjeux de biodiversité" dans les communes de France.
Les ONG espèrent que l’année de la biodiversité sera celle de la mobilisation des consciences autour d’un enjeu, alors que les politiques et l’opinion "oublient trop souvent que l’on fait aussi partie du vivant", rappelle à Youphil Christophe Aubel, directeur de la ligue ROC. Un exemple: "si les insectes pollinisateurs disparaissent, une partie de l’agriculture aussi !", poursuit Christophe Aubel.
L’espoir se tourne ainsi vers la conférence de Nagoya (Japon), prévue en fin d'année, au cours de laquelle les pays décideront de mettre en place ou non un groupe d’experts type Giec.
Pour mieux comprendre les enjeux de la biodiversité, regardez cette vidéo réalisée en collaboration avec le scientifique Hubert Reeves:
A suivre:
>L'agenda des événements liés à l'année de la biodiversité en France. Et le site spécial du ministère de l'Ecologie.
Photo: Panda, par Chiking, via Flickr.
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Un beau témoignage sur Amma
Isabelle