A plus d’un titre, des révisions stratégiques en cours peuvent expliquer les ralentissements de l’adoption internationale en Chine.
La Chine du début du XXIe siècle qui traverse la crise économique mondiale en maintenant une croissance annuelle de 8% n’apprécie pas de continuer à apparaître comme un pays pauvre où l’on vient se fournir en enfants abandonnés.
Cette image de "pays exportateur d’enfants" heurte un sentiment national en plein essor. La presse chinoise voit d’un très bon œil ces parents américains qui reviennent en voyages organisés avec leurs adolescentes adoptées pour qu’elles établissent un contact avec leurs racines et la ville où elles ont été abandonnées.
5000 dollars de "don" par enfant adopté
Certes, les "dons" versés à l’Etat par les parents étrangers ne sont pas négligeables : 5000 dollars par enfant adopté. Auxquels les agences américaines ou espagnoles qui aident les parents tout au long de la procédure ajoutent des aides financières et de la coopération humanitaire directement fournies à certains orphelinats. L’Association Française pour l’adoption (AFA) n’a légalement pas la possibilité d’accorder le même type de subventions.
Mais l’Etat chinois peut-il tolérer les trafics de plus en plus visibles? Dans des campagnes reculées, des rabatteurs achètent des bébés qu’ils revendent à des orphelinats, qui peuvent ainsi répondre aux demandes du CCAA (China Center of Adoption Affairs) à Pékin.
Pire, des enfants sont tout simplement kidnappés par les trafiquants. Fin octobre, à la suite d’un reportage dans le Los Angeles Times, l’ambassade du Canada à Pékin a interrogé officiellement les autorités chinoises, qui ont répondu que des enquêtes étaient en cours.
Effectivement, les journaux chinois et Internet citent régulièrement des cas d’arrestation de "criminels" accusés de trafic d’enfants. L’un d’eux avoue ses tarifs : il achetait pour l’équivalent d’environ 300 dollars des bébés qu’il revendait autour de 3000 $ à l’orphelinat de Fuzhou non loin de Canton
L’an dernier, à Yulin, dans le Guangxi, un autre dévoile sa complicité avec la clinique d’accouchement où il avait posé un écriteau : "les mères qui ont donné naissance à une petite fille et qui ne veulent pas la garder peuvent me contacter."
Un autre est arrêté pour avoir vendu à l’orphelinat un bébé fille trouvée dans la rue : "elle était dans un carton. Il valait mieux la vendre que la laisser mourir. Au moins elle a maintenant une chance d’être adoptée par des étrangers", a déclaré à la presse locale la femme de ce trafiquant emprisonné !
En freinant drastiquement le nombre d’enfants destinés à l’adoption internationale, Pékin peut espérer mettre fin à ces pratiques. Et donner l’impression de renforcer la lutte contre la corruption.
Pour les citadins chinois, des conditions d'adoption plus simples
Assainir le domaine de l’adoption répond aussi à un phénomène récent lié à l’élévation du niveau de vie : des citadins chinois qui n’ont pas d’enfants ou ne se contentent pas de n’en avoir qu’un seul adoptent des orphelins.
Pour eux, les conditions légales (précisées par un texte de 2004) sont beaucoup simples que pour les étrangers. Des statistiques globales du Ministère des Affaires civiles, citées par le site Sina.com, démontrent que 37000 enfants ont été adoptés par des couples chinois en 2005. Le chiffre est monté à 39000 en 2008.
En ville, l’adoption de petites filles n’est pas refusée. Le critère paysan d’avoir des bras pour cultiver plus tard la terre ne joue pas et le souci confucéen d’avoir un descendant mâle pour perpétuer le culte des ancêtres s’est beaucoup amoindri.
"Il y a dix ans, seuls des artistes adoptaient en Chine. Aujourd'hui, il y a des médecins, des commerçants..."
Le psychologue Lin Zengfan explique l’augmentation des adoptions chinoises par "une forme nouvelle de besoin de responsabilité sociale" dans la classe moyenne urbaine enrichie. Chang Hua, un avocat pékinois, raconte : " Il y a dix ans, parmi mes amis, seuls des artistes osaient adopter. Maintenant, je connais quelques riches commerçants et deux médecins qui l’ont fait."
Il semble, cependant, que souvent on cache qu’il s’agit d’un enfant adopté de crainte de moqueries du voisinage et des camarades de classe.
Une progression démographique ralentie
Mais l’action des dirigeants chinois en matière d’adoption rejoint sans doute aussi des préoccupations beaucoup plus larges. La politique de l’enfant unique fixée en 1978 a réussi à ralentir la progression démographique. Faire partir hors de Chine des enfants chinois n’a plus la même utilité. Même s’ils ne sont qu’une infime minorité à l’échelle chinoise. Symboliquement, mieux vaut au contraire garder ces futures femmes, dont on commence à manquer en Chine.
Redéfinir la politique de la famille fait en tous cas partie du vaste de plan de création d’un système de Sécurité sociale sur lequel de nombreux experts travaillent actuellement en Chine.
De hauts fonctionnaires ne cachent pas que la question de l’adoption est abordée dans des conversations interministérielles qui réunissent des responsables des affaires civiles, du social, de la santé, de la diplomatie etc. Les dirigeants chinois n’ont pas l’intention de fermer la porte à l’adoption internationale. Mais ils feront probablement en sorte qu’elle ne se développe pas.
>>> Retrouvez le premier volet de notre enquête sur l'adoption en Chine <<<










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Annonce du Centre chinois des affaires d'adoption
To relevant government departments and adoption agencies in receiving countries, Since China began working with relevant countries in inter-country adoption, the cooperation has been smooth and tens of thousands of Chinese children have been adopted by foreign families. The majority of them are growing healthily under the care and love of their adoptive parents. However, some media reported on December 14 about an American adoptive father who sexually abused his Chinese adoptive daughter, which have attracted broad attention and caused great shocks. Although this is a very rare case, it has caused negative effects on inter-country in China and is against the healthy development of inter-country adoption. As the agency entrusted by Chinese government in charge of inter-country adoption, China Center of Adoption Affairs (CCAA) has always attached great importance to the protection of Chinese adoptive children's rights and great attention to the children who have been adopted into foreign families. On December 16, CCAA met with the Consul-General of the American Embassy in China Ms. Linda Donahue and notified her about our position on this incident. President of relevant adoption agency also telephoned CCAA and expressed his apology. In order to guarantee the rights and interests of Chinese adoptive children and ensure the healthy and sustainable development in cooperation of inter-country adoption, CCAA plans to take the following measures:
1. CCAA will suspend the cooperation with relevant American agency and decide whether to continue cooperation with this agency depending on its treatment of this incident.
2. It is suggested that all the government departments and adoption agencies conduct a following-up research of all the children adopted from China. If problems turn up, relevant parties shall assist in the re-placement of the child affected and notify CCAA accordingly. It is also advised that government departments and adoption agencies do a good job in the post-placement following-up of adopted children in the future.
3. To learn a lesson from this incident, it is suggested that social workers of government departments and adoption agencies evaluate the eligibility of applicants factually and in details. Social workers shall not only evaluate quantifiable factors such as age, profession, education background, income etc., but also evaluate whether the applicants are loving parents and with good personalities, as reflected in feedbacks from schools, communities, churches, social groups, etc. so that the reports provided can serve as dependable reference for CCAA during the reviewing process.
4. CCAA will adjust the present post-placement reporting policies and improve this reporting system, after seeking opinions and comments from different parties, based on the new situation in inter-country adoption.
5. Depending on individual cases, CCAA will suspend or terminate cooperation with agencies that are involved in cases where adopted children's interests and rights are harmed. Home study reports prepared by social workers who are involved in such cases as well as the social workers themselves will not be recognized by CCAA.
Government departments and adoption agencies shall follow the principle of "everything for the children" and assist in relevant work to guarantee the protection of rights and interests of adopted children and maintain the cooperation in inter-country adoption.
China Center of Adoption Affairs
December 22, 2009
Via Pound Pup Legacy
Chine. Adoption internationale. Articles récents
Adopties uit China deels onnodig. Meer opvang door Chinezen zelf.
Les adoptions en provenance de Chine en grande partie inutile.
De plus en plus de prise en charge par les Chinois eux-mêmes.
Article dans Trouw du 26 novemre 2009.
Trafficking reports raise heart-wrenching questions for adoptive parents
Accounts of Chinese children being kidnapped, bartered and sold to orphanages have many adopters wondering about their children. Some may try to track down the birth parents -- but then what?
Los Angeles Times. 11 novembre 2009.
Le système d'adoption de la Chine inquiète une maman canadienne.
Traduit de l'article China’s adoption system worries Canadian mom (Canada.com, 25 septembre 2009)
Sur le blog Fabriquée en Corée. 27 septembre 2009.
Bébés chinois volés par les fonctionnaires pour l'adoption internationale.
Traduit de l'article Chinese babies stolen by officials for foreign adoption publié par Barbara Demick dans Los Angeles Times, le 20 septembre 2009.
Des parents chinois disent que leurs bébés ont été volés pour l'adoption.
Surle blog Fabriquée en Corée.