
Chine: l'adoption internationale au ralenti
Longtemps perçu comme un gage de qualité, le travail méticuleux de l'administration chinoise en matière d'adoption freine aujourd'hui considérablement les démarches des futurs parents.
Le gouvernement chinois n’a jamais annoncé de changements dans le programme international d’adoptions en Chine. Mais Lu Yin, le directeur du Chinese Center for adoptions affairs (CCAA) vient soudainement d’être remplacé après huit années de fonctions dans ce domaine.
Signe probable que sa gestion n’était pas adaptée aux nouvelles orientations décidées en haut lieu; Lu Yin laisse la place à Zhang Shifeng, qui avait jusque là rang de directeur adjoint au Ministère des Affaires civiles, l’administration dont dépend le CCAA. Il prend la tête de cette structure dont le comportement est devenu prudent et restrictif.
Parmi les enfants adoptés, surtout des petites filles
En Chine, la loi autorisant l’adoption par des étrangers date de 1992. Cette année-là, 252 bébés sont adoptés. Ils sont près de 700 en 1993 puis 3000 en 1995. Parmi eux, une majorité de petites filles abandonnées par des familles paysannes qui ne supportent pas que le seul enfant auquel elles ont droit ne soit pas un garçon.
De l’avis général, le système d’adoption internationale fonctionne alors au mieux, pour l’enfant abandonné, pour les parents qui le recueillent et pour les autorités chinoises qui n’ont plus à financer son éducation.
En tout, 70.000 orphelins se répartissent dans 17 pays qui ont passé une convention d’adoption avec la Chine. Les Etats-Unis sont largement en tête mais il y a aussi le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne, le Royaume-Uni.
Pour la France, la convention avec les autorités chinoises a été signée au cours d’un voyage de Jacques Chirac en 1997. Les chiffres grimpent jusqu’en 2005 où 14.000 parents étrangers ramènent chez eux un enfant chinois. Mais en 2008, ils ne sont plus que 5000. Dont 144 en France.
Des exigences renforcées pour les futurs parents
A partir de 2005, les exigences chinoises pour l’adoption internationale se sont peu à peu renforcées. Une loi de mai 2007 les précise. Outre des justifications de revenus et de niveau culturel, les parents non-chinois voulant adopter doivent notamment être mariés, avoir moins de 50 ans, ne pas être obèses, ne pas avoir consommé d’antidépresseurs dans les deux années précédentes.
Le CCAA enregistre chaque dossier, traduit et vérifie que rien ne manque. Après de long mois, les couples finalement retenus sont confrontés aux fiches d’enfants recensés dans des orphelinats situés dans toutes les régions de Chine.
Dans les bureaux, on est loin de l'effervescence attendue
Une étude commence alors pour déterminer qui est le mieux à même d’adopter qui. Les préférences détaillées des futurs adoptants peuvent être mises en rapport avec des signes distinctifs observés chez les petits.
En cours de procédure, quelques parents candidats à l’adoption résidant en Chine parviennent, à force d’insistance,à venir aux nouvelles. Christophe et Sophie, un couple de Français, obtiennent ainsi un rendez-vous dans l’immeuble moderne de quatre étages où le CCAA est installé.
On leur confirme que leur noms figure bien dans les ordinateurs et qu’il leur faut être patients : "On aurait aimé que les bureaux grouillent d’agitation; voir des fonctionnaires en train de faire avancer les dossiers", raconte Sophie "mais pas du tout : tout est calme et feutré au CCAA !"
14 mois d'attente en 2005, 3 ans et demi aujourd'hui...
Avant 2005, les procédures se concluaient généralement en quatorze mois. Aujourd’hui, l’attente est de plus que trois ans et demi. En novembre 2009, viennent d’être satisfaites des demandes déposées par des parents étrangers le 31 mars 2006.
Et, semble-t-il, la tendance au ralentissement s’accentue: toute l’année 2009 a été consacrée à traiter les dossiers enregistrés pendant ce mois de mars 2006 ! Les délais entre la demande et l’obtention d’un enfant sont un peu moins longs – autour de deux ans et demi – pour les parents demandeurs qui résident en Chine.
A des responsables d’associations françaises, le CCAA a expliqué sans convaincre : "Il y a tellement de demandes venues de tant de pays que - malgré un recrutement de personnels supplémentaires - nous ne parvenons pas à les traiter rapidement."
Le travail méticuleux de l’administration chinoise en matière d’adoption est longtemps apparu comme un gage de qualité. Il est aujourd’hui poussé à l’extrême.
Une certaine souplesse bureaucratique est seulement apparue pour les enfants abandonnés classés "spécial needs." Ce sont ceux qui souffrent d’un handicap de naissance, ou, parfois, des enfants de plus de six ans.
Les parents qui trouvent leur attente interminable peuvent changer leur demande en faveur d’un enfant relevant de cette catégorie. La procédure le permet. Ils sont quelques uns actuellement à se tourner vers cette solution.
Lire les articles de Jean-Marie Colombani sur l'adoption:
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Comentarios
Youphil partage avec La
Youphil partage avec La fontaine de pierres une communauté d'intérêt, c'est assez évident, mais aussi une philosophie, fondée sur l'optismisme, (relationship advice) sur le pouvoir de changer les choses.
Pays-Bas. Chine. Démission de Ina HUT, Wereldkinderen.
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