Ils recyclent pour s'en sortir

Email this page

Pierre Duponchel, fondateur de l’entreprise de recyclage textile Le Relais, a reçu le prix de l’entrepreneur social 2009. Il favorise l’insertion de personnes exclues du travail.

Et le gagnant est…Pierre Duponchel, un ingénieur à la tête de Le Relais, une Société coopérative de production (SCOP, voir encadré, à droite) qui recycle du textile. Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives lui a remis le prix 2009 de l’entrepreneur social, une récompense décernée depuis 2007 par la Fondation Schwab (créée par le président du forum mondial de Davos), et le cabinet de conseil Boston consulting group (BCG).

Créée en 1987, l’association Le Relais s’est transformée en entreprise coopérative et emploi aujourd’hui 1200 salariés. Le but est de collecter des vêtements pour les trier à destination de l’industrie du recyclage. L’activité est économiquement rentable (35 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2008), et elle génère également une "plus-value sociale". Le Relais emploie en effet 400 personnes en contrat d’insertion et fournit 1100 emplois stables pour des gens jusque-là exclus.

Image négative

Impact social positif, viabilité économique et activité novatrice : Le Relais réunit les trois critères exigés par la fondation Schwab et le BCG pour obtenir le prix de l’entrepreneur social. Le projet a été choisi parmi 80 candidatures, un chiffre qui réjouit Hilde Schwab, cofondatrice de l'organisme du même nom. "Contrairement aux premières années, nous n’avons pas eu de mal à trouver des entrepreneurs sociaux."

"Le prix est une reconnaissance pour l’ensemble des salariés qui ont tous du pouvoir dans l’entreprise", a déclaré Pierre Duponchel, peu après avoir reçu sa récompense. Il voit déjà les avantages de ce prix. "Cela permet de mettre un coup de projecteur sur ce type d’initiative trop souvent pénalisé par une image d’entreprise assistée ou coûteuse, alors que non", explique l’ingénieur qui aura le privilège de présenter son entreprise devant les grands de ce monde au Forum économique mondial de Davos.

Par ailleurs, Le Relais va bénéficier d’une mission de conseil du cabinet BCG pour développer ses activités. Des activités prometteuses à l’heure où entre en vigueur la contribution environnementale sur le textile. Nommée Eco TLC (textile, linge chaussures), cette taxe vise à soutenir la filière recyclage en favorisant les emplois d’insertion dans le secteur…Dont Le Relais est emblématique.

Statut juridique?

Au cours de cette soirée dans un grand hôtel particulier près de la place de l’Etoile à Paris, à laquelle assistaient des poids lourds de l’entrepreneuriat comme le patron de Danone. Jacques Chapuis, directeur au Boston Consulting group a, lui, salué cette "troisième voie entre entreprises et ONG, qui permet de développer la justice sociale avec un potentiel de croissance".

Célébrant "le mariage de l’utopisme et du réalisme", le haut commissaire, lui, s’est réjoui "à titre sentimental et amical" que Pierre Duponchel ait reçu le trophée. Les deux hommes en effet se connaissent bien. La coopérative Le Relais est membre du réseau Emmaüs que Martin Hirsch a présidé avant d’entrer au gouvernement.

Réponse de Pierre Duponchel: "Monsieur le commissaire, il faut donner une réalité juridique à l’entreprise à but social". Il veut maintenant que soit inscrit dans la loi un statut spécifique aux entreprises sociales pour créer un "effet de contagion" espère-t-il.

Photos: Pierre Duponchel, DR Raphaël Morán. Illustration prise à Baltimore. DR CC Flickr Bjorn Meansbear.

Lire aussi le livre d'entretiens avec Pierre Duponchel, paru aux Editions "Rue de l'Echiquier"

Consultez également le portrait vidéo du gagnant 2008 du prix de l'entrepreneur social.

A lire sur l'entrepreneuriat social:

Email this page