
Réchauffement climatique: le spot qui fait peur aux enfants
En Grande-Bretagne, un spot télévisé fait culpabiliser les parents de l'impact du réchauffement climatique sur leurs enfants. Une stratégie jugée contre-productive par certains experts.
Le spot a coûté 10 millions d'euros au gouvernement britannique. Pendant une minute, il raconte l'histoire d'un père lisant un livre à sa fille. Le récit dépeint un monde "très, très étrange" aux "horribles conséquences" sur les enfants. Les images du livre montrent des villes inondées, où se noient les habitants et leurs animaux. Le réchauffement climatique est représenté sous la forme d'un monstre flottant dans le ciel.
Ce spot est à l'origine d'une petite polémique outre-Manche. Après sa première diffusion, il y a quelques semaines, le bureau de vérification de la publicité a reçu plusieurs centaines de plaintes. La plupart venant de parents jugeant le spot trop effrayant pour les enfants. Le film a pourtant été interdit de diffusion pendant les programmes jeunesse. Mais les Britanniques reprochent aussi à ce spot de les faire se sentir coupables de l'impact qu'aura le réchauffement climatique sur l'avenir de leurs enfants.
La Ministre de l'Energie et du Changement climatique Joan Ruddock, a défendu le spot: "Il est destiné aux adultes, et nous savons que l'idée de protéger la génération suivante est stimulante."
Ce n'est pourtant pas l'avis des experts. Pour beaucoup d'entre eux, la stratégie de la culpabilisation génère un enfermement des spectateurs sur eux mêmes. Critiquer le foyer et la famille serait aussi contre-productif.
Psychologie inversée
Pour sa défense, le gouvernement se base aussi sur une étude qu'il a réalisée, selon laquelle 50% des Britanniques ne croient pas que le réchauffement climatique les affectera. L'étude révèle aussi que 74% d'entre eux changeraient leur façon de vivre s'ils apprenaient que le réchauffement climatique affectera leurs enfants.
Mais selon Henry Hicks, conseiller dans l'entreprise de communication durable Futerra et interrogé par le Christian Science monitor, ce type de méthode pourrait générer l'effet inverse de ce qu'elle attend: à force de stresser les gens, de les culpabiliser et de les assommer des règles, ceux-ci auraient tendance à faire le contraire de ce qu'on leur demande. A savoir, ici, se comporter de façon à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Un phénomène nommé "psychologie inversée", qui serait accentué quand "le message provient d'un gouvernement impopulaire".
Les spécialistes conseillent donc de communiquer de façon plus positive, en proposant notamment aux citoyens d'agir à leur échelle. Selon eux, il faudrait relocaliser la communication, en incitant les gens à s'impliquer dans des actions proches, concrètes, et à courte échéance. Mieux vaudrait donc éviter le catastrophisme. Mais les exemples de spots anxiogènes mettant en scène des enfants et culpabilisant les adultes sont légion...
- Inicie sesión o regístrese para enviar comentarios















Un beau témoignage sur Amma
Isabelle