Alors que la crise économique frappe plus durement les pays les plus pauvres, la France ne tiendra pas sa promesse en matière d’aide au développement. D’après le projet de budget, l’aide de la France serait en hausse en 2009, avec 8,4 milliards d’euros, et se maintiendrait à 8,6 milliards d’euros en 2010.
Mais le compte n'y est pas, ni dans le montant, ni dans la nature de l'aide. La part accordée à l’aide au développement devait atteindre 0,51% du produit intérieur brut, selon l'engagement présidentiel. Au final, il n'atteindra que 0,44%.
L’Espagne et le Royaume-Uni, pourtant beaucoup plus durement touchés par la crise, ont choisi de poursuivre leurs efforts et d’accroître leur aide, qui devrait même atteindre 0,6% de leur richesse nationale en 2010, dépassant les objectifs fixés.
Quant à sa nature, une grande partie de cette aide sera consacrée à d'autres objectifs que celui de réduire la pauvreté dans les pays en développement. Une grande partie des moyens est destinée à des annulations de dettes, dont tout le monde sait qu'elles ne seront de toute façon pas remboursées, et à des prêts à des pays émergents, qui relèvent de la coopération économique, non de la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
La priorité devrait au contraire aller à des programmes permettant de réduire la sous-alimentation, qui atteint en 2009 un niveau record –plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde-, ou au développement de services de santé pour les populations pauvres.
En réalité, les moyens financiers accordés à de telles actions sont au plus bas, à tel point que de nombreux programmes doivent être reportés ou annulés. Certes, la France est aujourd'hui en crise. Mais il faut que ses dirigeants et ses citoyens prennent bien la mesure des conséquences de cette crise sur les populations des pays pauvres.
En outre, l’aide française est de plus en plus instrumentalisée pour répondre aux objectifs de lutte contre l’immigration (notamment via les accords de gestion concertée des flux migratoires), sécuritaires (en Afghanistan, où l’aide civile est fléchée sur les zones de présence militaire française), ou de promotion des entreprises françaises (51% des marchés attribués par l’Agence française de développement en 2008 sont revenus à des entreprises françaises ou à leurs filiales).
Pourtant, quand une personne sur six souffre de la faim, le moins qu'on puisse attendre de la France est qu'elle respecte ses engagements internationaux et qu'elle donne la priorité à des actions efficaces de réduction de la pauvreté.
Coordination SUD est la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Elle représente plus de 130 associations menant des actions de développement et d'urgence à travers le monde.
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Marc