
"Le profit ou rien", c'est fini
Construire un pont entre finance classique et social business. C’est l'objectif d'une rencontre qui a réuni des centaines d'entrepreneurs à San Francisco.
Entrepreneurs sociaux, étudiants, philanthropes, dirigeants d'ONG de 32 pays... Ils se sont donné rendez-vous pendant trois jours, du 1er au 3 septembre, au Social Capital Markets 2009 (Socap). Une rencontre incontournable pour qui veut parler d'innovation sociale, de capitalisme et de philanthropie s'est tenue aux Etats-Unis, terre de prédilection de nombreux entrepreneurs sociaux.
L’an dernier, les conférences de SoCap avaient réuni 650 personnes en pleine incertitude politique, quelques mois avant l’élection présidentielle américaine et le début de la crise bancaire.
Une plus-value oui, mais sociale
Marco Puccia, entrepreneur social américain, livre, comme de nombreux entrepreneurs, ses impressions sur son blog et pour Youphil.
"Traditionnellement, les entreprises et les marchés ont été dessinés pour produire rapidement un rendement élevé. Les entrepreneurs sociaux, eux aussi, sont dans la recherche continuelle de capitaux. La différence, c’est que les rendements importants et obtenus très vite ne font pas partie de leur équation.
Le secteur "social" demande de la patience. Il ne faut pas trop attendre de retour sur investissement rapide, mais plutôt privilégier la plus-value sociale de l'investissement (SROI en anglais, acronyme de "social return on investment") (...).
Or après l’effondrement des marchés financiers du monde, entraînant celui des plans épargne retraite, le bon sens voudrait qu’on réévalue les hypothèses traditionnelles du marché. Il faut sortir du dilemme "soit je maximise mes profits, soit je mets mon argent ailleurs."
Outils de mesure
Le marché des capitaux sociaux offre justement aux investisseurs l'opportunité d’obtenir à la fois un retour sur investissement et un impact social positif. Il est d’ailleurs encourageant que malgré la crise, les fonds d’investissement social poursuivent leur croissance et obtiennent des retours financiers.
Il y a cependant une manière de poursuivre le développement de ce marché pour qu’il soit mieux accepté par les investisseurs. Ainsi, l’avancée de ce secteur va nécessiter une très grande transparence ainsi que la mise en place d'instruments d’évaluation (metrics) permettant de mesurer l’impact social d’un investissement.
A ce propos, des outils comme l’IRIS ou le GIIRS pourraient aider à faire le pont entre la finance classique et le capitalisme social. (NDLR: les IRIS et GIIRS sont des outils de mesure de l’impact social et environnemental des investissements)."
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Un beau témoignage sur Amma
Isabelle