« Fonds d’Investissement socialement responsable », « fonds de développement durable » ou encore « fonds éthiques », les dénominations de l’Investissement socialement responsable sont multiples. Mais quelle que soit son appellation, le défi des ISR est le même : associer éthique et rentabilité financière. Les tenants de cette pratique de placement investissent dans des entreprises sur la base de critères financiers (rendement, risque...) tout en intégrant dans leurs choix des préoccupations sociales, éthiques et environnementales.
D’où vient l’ISR ?
Il faut remonter aux années vingt pour trouver les premiers investisseurs responsables : les Quakers. Aux Etats-Unis, les adeptes de ce mouvement religieux excluaient de leurs placements ce qu’ils considéraient comme des « valeurs du pêché » : l’alcool, le tabac et les jeux.
Mais les premiers principes de l’investissement responsable sont édictés par le pasteur Leon Sullivan en 1977. Il souhaitait alors empêcher le financement du gouvernement d’apartheid en Afrique du Sud. Les Global Sullivan Principles for Corporate (en anglais), relancés par les Nations-Unies en 1999, exigent des entreprises qu'elles contribuent à « promouvoir la justice économique, sociale et politique ».
Quels sont les acteurs ?
Les congrégations religieuses sont toujours des acteurs majeurs. L’enquête « European SRI study 2008 » (en anglais) d’Eurosif, une association paneuropéenne dont la mission est de promouvoir et de développer l’investissement responsable, note que plus de 30% des actionnaires responsables interrogés en Europe se réclament d’institutions religieuses. Aux Etats-Unis, l’ICCR (Interfaith Center on Corporate Responsiblity ou le Centre œcuménique sur la responsabilité d’entreprise) a déposé près de 300 résolutions en Assemblée générale entre 2007 et 2008.
Pour Laura Berry, la directrice, ce lien entre foi et investissement responsable va de soi : « La plupart des traditions religieuses s’efforcent d’élever la condition des plus vulnérables, mais certaines réalisent qu’elles doivent aussi essayer de rallier les plus puissants à leur cause». En outre, 25% des investisseurs interrogés se définissent comme des fonds publics (Caisse des dépôts et des consignations par exemple…) ou des fonds de réserves (fonds d’investissement dédiés aux retraites...)
Quelles sont les méthodes ?
Les acteurs de l’ISR utilisent différentes méthodes et souvent plusieurs à la fois. En simplifiant, elles peuvent être classées en trois grandes familles d’outils. La première méthode consiste à utiliser une approche de « filtrage ». Des acteurs ou des secteurs sont exclus des placements s’ils ne sont pas considérés comme éthiques, ou, au contraire, privilégiés s’ils sont impliqués dans le développement durable.
Autre approche : l’engagement actionnarial. Afin de faire évoluer la politique des entreprises, les actionnaires s’impliquent et font pression sur les dirigeants par le dialogue, l’exercice de leurs droits de vote ou le dépôt de résolutions lors des assemblées générales.
La troisième méthode, la plus critiquée par les puristes de l’ISR, est l’approche « best-in-class ». Elle cherche à promouvoir la responsabilité sociale au sein de toutes les entreprises. Les entreprises qui réalisent les meilleurs performances financières, environnementales et sociales sont sélectionnées sans qu’aucun secteur ne soit exclu ou privilégié. Des sociétés d’armement peuvent dès lors être financées par des investissements pourtant dit « socialement responsables ».
Pour en savoir plus :
- Nouveaux acteurs, nouveaux enjeux : l’investissement socialement responsable , Gunther Capelle-Blancard, Stéphanie Giamporcaro-Sauniere, Le financement de l’économie, Cahiers français N°331
- L’investissement socialement responsable, Frédérique Dejean, Vuibert, 2005.
- Le site de Novethic





