Six façons efficaces de sensibiliser aux conditions de vie des sans-abris

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Comment changer le regard porté sur les sans-abris? Films, détournements, nouvelles technologies..., Youphil.com a sélectionné six initiatives innovantes pour sensibiliser aux conditions de vie des personnes sans abri, sans misérabilisme.

1. Un film pour leur donner la parole

Les sans-abris ne souffrent pas que du manque de logement, mais aussi d'une grande solitude. Voilà ce qu’a voulu mettre en lumière Claus Drexel, réalisateur du très beau documentaire "Au bord du monde".

Dans un Paris fantomatique, comme vidé de ses habitants, Claus Drexel et le photographe Sylvain Leser sont allés à la rencontre de sans-abris qui peuplent les rues, les ponts ou les parcs publics à la nuit tombée.

Le spectateur fait la connaissance d'une quinzaine d'entre eux. Ils nous racontent leur histoire et les raisons qui les poussent à aller de l’avant. Jamais larmoyant, parfois drôle, "Au bord du monde" donne une voix à ceux que l’on n'entend jamais et que l’on a parfois tendance à "gommer du décor", selon l'expression du réalisateur.

> Bande annonce d'"Au bord du monde":

2. "L’architecture connectée"

L'Amérique du Nord connaît l’un des hivers les plus froids depuis plusieurs décennies. Pour sensibiliser les habitants de Toronto aux conditions de vie des personnes sans domicile, les artistes Dave Colangelo et Patricio Davila ont créé le projet "In the air tonight". Les murs tapissés de LED de l’université Ryerson changent de couleur en fonction de la température extérieure, et dès qu’un tweet est envoyé avec le mot-clé #homelessness ("sans-abrisme").

Comme le souligne le site d'information Creapills.com, cette initiative n’apporte aucune aide matérielle aux sans-abris. Elle a seulement le mérite de rappeler aux passants que les sans-abris sont les plus vulnérables face aux conditions extrêmes de la rue.

> Découvrez le projet "In the air tonight":

3. Détourner la presse "people"

Ils s’appellent Real, Seen ou Truth, et ont l'apparence de magazines "people". Rien à voir, pourtant. Dans le cadre du programme d'aide sociale "Homeward Bound", l’organisation Woodgreen, qui aide des femmes de Toronto à se réinsérer socialement, s’est associée à l’agence de communication DDB Canada pour détourner les codes de la presse "people" afin d'aider les plus démunies.

Du 13 janvier jusqu’à fin février 2014, les habitants de Toronto pourront voir la campagne d'affichage montrant des fausses couvertures de magazines à "potins". Les photos de célébrités y ont été remplacées par celles d’habitantes sans emploi, sans logement ou sans formation. La campagne de sensibilisation se déploie également à la télévision en parodiant les émissions qui rabâchent la vie des stars. L'organisation Woodgreen souhaite que les habitants consacrent davantage de temps à se préoccuper du sort de leurs concitoyens, plutôt que de celui des célébrités.

> Détournement d'une émission pour soutenir le programme "Homeward Bound":

4. Les #Tweets2rue investissent Twitter

En octobre 2013, France Inter a lancé l’opération #Tweets2rue, en association avec la fondation Abbé Pierre, la fondation Agir contre l’exclusion et l’association Génération réactive. Le principe: donner des smartphones à cinq sans-abris de Paris, Bourges ou Metz pour qu’ils racontent sur le réseau social leur quotidien de la rue, jusqu’au mois de mars 2014. Chacun d’entre eux, que l’on peut d’ailleurs suivre sur le blog Tweets2rue, est parrainé par un journaliste de la radio. Récemment, Patrick, l'un des sans-abris faisant partie de l’aventure, a entamé un tour de France pour rencontrer d’autres personnes vivant dans la rue.

5. L’humour pour attirer l'attention

Luigi Li est comédien. En janvier 2013, il a décidé de mettre son talent d’humoriste au service des plus démunis. Armé de feutres et de pancartes, le jeune homme a parcouru les rues de Paris pour aborder les sans-abris et "leur donner un coup de pouce", comme il nous l'a expliqué. Luigi Li remplace en effet les pancartes des sans-abris par des jeux de mots et des petites phrases bien pensées.

En novembre 2013, son projet "Un sourire SVP" a d’ailleurs donné lieu à une exposition des photographies de son ami Little Shao, réalisée en partenariat avec la fondation Abbé Pierre.

Exemple de pancarte réalisée par Luigi Li. Crédit: Little Shao photographer.

6. "Shocking"?

La mode du selfie, vous connaissez? Cette tendance narcissique consiste à se prendre en photo avec son smartphone dans un lieu plus ou moins insolite. À la limite de la décence ou du mauvaise goût, certains vont jusqu'à se photographier pendant des enterrements, avec un cadavre ou avec des sans-abris.

Le journaliste Jason Feifer est allé à la pêche aux photos prises en compagnie de sans-abris sur les réseaux sociaux et les a répertoriées dans un blog. Pour aller au bout de sa démarche, il propose, tout en bas de son blog, aux internautes indignés, de faire un don à différentes organisations qui viennent en aide aux personnes démunies à New York.

 

Photographie tirée de l'exposition "Un sourire SVP", réalisée par Luigi Li avec la fondation Abbé Pierre. Crédit: Little Shao photographer.
 
Cet article a initialement été publié le 13 février 2014.
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