
Le chant du cygne d'Alofa Tuvalu
Tuvalu sera le premier pays à être rayé de la carte. Une association aide ses habitants et sensibilise les enfants français aux conséquences du réchauffement climatique.
Un Etat nation agonise, bientôt submergé par les eaux. Une association, Alofa Tuvalu («Aimer Tuvalu» en tuvaléen), est à son chevet. Tuvalu, petit pays indépendant depuis 1978, situé à environ 4000 kilomètres au nord-est de l'Australie, sera inhabitable dans cinquante ans.
Environ une fois par mois, aux rythmes des marées hautes, les eaux remontent du sous-sol. A des fréquences de plus en plus rapprochées, les flaques d'eau salées apparaissent, forment des étangs et des zones entières sont inondées. Parfois, les 11600 habitants de l'archipel ont de l'eau salée jusqu'au genoux, comme ce fut le cas lors des grandes inondations de 2006.
La présidente d'Alofa Tuvalu France, Gilliane Le Gallic, initiatrice du Jour de la terre, a décidé d'agir. En 2003, elle s'est rendue sur l'île tourner un documentaire intitulé «Nuages au Paradis». « Je ne m'imaginais pas partir sans rien faire pour les aider », dit-elle.
Une première idée fut de poursuivre les Etats-Unis en justice pour leur responsabilité dans le réchauffement climatique en tant que non signataire du protocole de Kyoto. Ce mode d'action a vite été abandonné. «Ce combat ne correspond pas du tout à la culture tuvaluenne, très pacifique», indique la présidente.
Un pays modèle
Finalement, l'association a décidé d'ériger le pays en exemple. Ses habitants seront éco-responsables. Ils utiliseront uniquement des énergies renouvelables, prouvant ainsi au reste du monde qu'il est possible de changer ses habitudes et de moins polluer.
En 2006, le programme « Small is beautiful » est lancé. Depuis, Alofa Tuvalu cherche à développer le biogaz, le biodiesel, l'énergie solaire et l'éolien. Du lisier de porc permet même de produire l'électricité nécessaire au fonctionnement de la cuisine de l'école militaire Amatuku, l'île pilote.
Dans cette vidéo réalisée par l'association en avril et mai 2008, des chercheurs enseignent les procédés de la gazéification à quelques habitants de l'archipel pour produire de l'électricité à partir de cosses et de noix de coco. Ils expérimentent un prototype.
Gazification
envoyé par Youphil
Les efforts des Tuvaluens permettent de sensibiliser les jeunes Français. A partir de vidéos filmées sur place et de photographies, des membres de l'association présentent Tuvalu aux enfants. Un moyen ludique de les responsabiliser.
Ce fut par exemple le cas l'hiver dernier. La chargée de missions de l'association, Fanny Héros, tenait un stand lors d'un forum portant sur les migrations à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Elle explique pourquoi le travail de sensibilisation est encore crucial et présente les méthodes employées.
Alofa Tuvalu
envoyé par Youphil
Essawe, en CM1, sait désormais qu'il faut « économiser l'eau et l'électricité et aussi trier les déchets ». Lara, elle aussi en CM1, connaît très bien la petite île condamnée du Pacifique : « L'eau va envahir l'île et ses habitants vont peut-être devoir partir ». Les Tuvaluens refusent pour l'instant de s'expatrier définitivement. Ils envisagent de construire une île artificielle. Irréalisable ? Gilliane Le Gallic, qui n'est pas à son premier défi, rétorque : «Dubaï l'a fait, pourquoi pas eux? Il suffit de trouver l'argent. »













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laguepie