"Lorsqu'il est arrivé au pouvoir [par un coup d'État, le 1er septembre 1969, NDLR], Kadhafi a enlaidi et sali la Libye. Tripoli était un joyaux. C'est devenu un vrai dépotoir."
Omnia Eteyari est à la tête de l'ONG des Amis libyens de l'environnement (EFL), créée en avril 2012. Cette organisation a été fondée dans le cadre de la campagne "Cleaning Revolution" (La révolution par le nettoyage), débutée en novembre 2011 pour sensibiliser les Libyens aux problèmes environnementaux.
La chute de Kadhafi: un déclencheur
Sous le régime du colonel déchu, renversé par une guerre civile sanglante en octobre 2011, l'environnement était loin d'être la préoccupation principale de la dictature libyenne. "Éduquer les gens à cette problématique était impossible. La révolution par le nettoyage est un passage entre la révolte qui nous a permis d'obtenir notre liberté et le moment où il nous faudra reconstruire notre pays", explique la jeune femme.
Les tanks et la dureté des combats ont laissé derrière eux des monticules de déchets et de détritus qu'il faut désormais nettoyer.
> Regarder le reportage d'Al-Jazeera sur le problème des ordures en pleine rue à Tripoli (en anglais).
Peu à peu, les balais ont pris le relais dans les rues de Tripoli (au nord-ouest). "Les restes de la guerre ont presque tous disparus. Ce sont surtout les déchets ménagers qu'il faut nettoyer."
Quatre mois après sa création, EFL est désormais bien implantée dans la capitale libyenne. Elle y compte un peu plus d'une centaine de volontaires: "Puisque nos actions se déroulent en fin de semaine, beaucoup de familles viennent nous aider à collecter les déchets. Au début, nous n'étions que seize", se réjouit Omnia. En février 2012, des jeunes de Benghazi (la deuxième ville après Tripoli, au nord-est de la Libye) rejoignent même le mouvement et créent leur propre organisation.
Un travail collectif
Cette ONG n'est pas la seule à tenter de mobiliser les Libyens sur la questions de l'environnement. Rien que dans la capitale, il existe une dizaine d'associations ou d'organisations. "Certaines se concentrent sur la préservation de l'environnement. D'autres, comme nous, organisent des campagnes de sensibilisation et de nettoyage. Nous travaillons ensemble pour coordonner nos activités."
La prise de pouvoir du Conseil national de transition, l'organe politique chargé de diriger le pays depuis la chute du dictateur libyen, a fait naître de nouveaux espoirs dans l'esprit d'Omnia et de ses volontaires: "Nous attendons beaucoup du nouveau gouvernement. Le pays a besoin d'être reconstruit et les traces de la guerre effacées. Mais la question environnementale ne doit surtout pas être oubliée", lance Omnia, déterminée.





