Des vacances de riches pour enfants de pauvres

Chaque année, un enfant sur trois ne part pas en vacances. Tout l'été, le Secours populaire se mobilise et mène plusieurs actions. Reportage dans le Lot-et-Garonne.

La petite blondinette semble un peu perdue au milieu de ses nouveaux camarades. Pour Emma, 8 ans, c'est une grande première. La fillette originaire du Tarn-et-Garonne part en vacances pour la première fois.

Comme elle, en France, un enfant sur trois n'est jamais parti en vacances. Pour beaucoup de familles, il est financièrement difficile de trouver les moyens de s'évader, ne serait-ce qu'une semaine.

Parmi les initiatives visant à soutenir ces familles, celles du Secours populaire français (SPF) a permis à près de 2000 enfants de partir en vacances durant ces deux dernières années.

L'une des initiatives phares de l'association, le "village Kinder" de Temple-sur-Lot, accueille chaque semaine 165 enfants de 8 à 12 ans, et ce tout l'été. Cerise sur le gâteau: une myriade de sportifs célèbres, sponsorisés par la marque, viennent jouer avec les enfants.

> Nous y avons même croisé Tony Parker:

Ce "village Kinder" est entièrement financé par l'entreprise à hauteur de 900.000 euros.

Fruit du partenariat entre la célèbre marque et le Secours populaire, il a pour but d'offrir une semaine de vacances aux enfants durant l'été… et un peu de visibilité à l'association.

> "L'argent est le nerf de la solidarité", nous dit Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, pour expliquer ce partenariat: 


"Nous ne sommes pas une agence de voyages"

On entend souvent parler du Secours populaire pour son aide au logement, son aide alimentaire ou vestimentaire. Ses missions premières.

"Les vacances sont loin d'être prioritaires. Les gens ne viennent pas chez nous pour demander à ce que leurs enfants partent en vacances, indique Corinne Makowski, secrétaire nationale du Secours populaire français. Nous ne sommes pas une agence de voyages."

Malgré tout, au printemps dans les antennes locales il est proposé à chaque famille d'inscrire leurs enfants à ce programme.

Ce partenariat, vieux de trois ans maintenant, a été imaginé pour mettre les enfants dans les conditions les plus proches d'une colonie de vacances "classique".

Ils viennent des quatre coins de la France. "Nous ne souhaitions pas les envoyer dans des camps de vacances où ils seraient exclusivement ensemble", explique Corinne Makowski. Objectif: éviter tout phénomène de "ghettoïsation".

Une enfance normale

Bien plus que le simple aspect vacances, le but de l'opération est aussi d'initier les jeunes à une pratique sportive.

C'est le nouveau cheval de bataille du Secours populaire et "un enjeux majeur du développement personnel de l'enfant. L'un ne va pas sans l'autre", indique Christian Lampin, membre du bureau national du SPF.

Le centre omnisports de Temple-sur-Lot est particulièrement bien choisi à cet égard. Avec un plan d'eau, un cours de tennis, une piscine et un terrain de basket, entre autres, les activités au programme du village Kinder sont nombreuses.

Dès qu'ils arrivent, chaque enfant dispose d'une tenue de sport complète qu'il pourra rapporter chez lui.

Surtout, ils repartent tous avec une licence, entièrement financée par Kinder, pour la pratique du sport de leur choix durant une année.

> De quoi se prendre pour des grands champions (ci-dessous: Ladji Doucouré, Jo-Wilfried Tsonga, Mar-André Cratère, Tony Parker, Tony Estanguet):

"Les frais sont souvent exorbitants. De notre côté, nous nous engageons donc à ce que les enfants puissent faire du sport dès la rentrée, durant toute l'année, précise Christian Lampin. Tout simplement pour qu'ils aient une enfance comme les autres."

A 9 ans, c'est la première fois que Mustapha sort de son Montauban natal pour des vacances. Après seulement deux jours, entouré de sa nouvelle bande de copains, le garçon ne veut déjà plus partir. "Si je pouvais, j'aimerais bien rester une semaine de plus."

A les voir s'amuser tous ensemble ce jour-là, on se dit que l'action du Secours Populaire les aidera en tout cas à avoir une enfance comme les autres, ou presque.

Comments

Ce projet est très intéressant, mais le titre et certains termes stigmatisants dans l'article sont assez dérangeants..