L’artiste Chinois Ai Weiwei a été l’emblème 2011 des contestations en faveur des droits de l’Homme en Chine. En novembre dernier il fut l’objet d’une enquête pour pornographie pour avoir posé nu, ce qui avait entrainé un important mouvement de solidarité à travers la Chine. Dans un entretien avec RFI, le dissident Chinois raconte ses mois de détention, ses interrogatoires (plus de cinquante), et sa révolution culturelle.
"Quand j’ai entendu que je n’aurais pas le droit à un avocat pendant près de six mois et que je ne pourrais pas dire à ma famille où je me trouve, j’ai senti que les choses tournaient mal. A ce moment-là, vous prenez conscience qu’il n’y a pas d’avocat pour vous protéger, qu’il n’y a pas de loi pour les gens comme vous. Alors vous vous sentez désespéré", raconte Ai Weiwei. Détenu pendant 81 jours pour "crime économique", il explique que ce motif servait seulement de justificatif pour la communauté internationale, les vraies raisons étant ce qu’il avait pu dire sur les réseaux sociaux et dans ses interviews avec la presse étrangère.
Aujourd’hui, même si l’artiste chinois est libre son combat n'est pas terminé. Grâce aux dons envoyés par les sympathisants, il a pu récolter l’argent nécessaire pour faire appel à son procès: "On verra si cela sera suivi par un tribunal, on en ne sait pas grand-chose pour le moment".






