Les dernières conférences internationales sur le climat ont été un échec. Qu'en sera-t-il de Durban? Du 28 novembre au 9 décembre, les négociateurs de plus de 190 pays se réuniront en Afrique du Sud pour tenter de trouver un accord sur le réchauffement climatique. Mais surtout de donner suite au protocole de Kyoto, qui doit prendre fin en décembre 2012. Pour mieux comprendre les enjeux de ce nouveau sommet, Youphil fait le point sur cinq questions essentielles.
1 / A quoi sert le sommet de Durban?
Durban s'inscrit dans une série de conférences internationales visant à limiter le réchauffement climatique. En 2009, celle de Copenhague devait aboutir à un nouvel accord pour remplacer le protocole de Kyoto, qui expire fin 2012. Ce fut un échec. Tout comme le sommet suivant, à Cancun, l'an dernier. Celui de Durban permettra-t-il enfin de trouver un accord, alors que l'échéance se rapproche dangereusement?
2 / Le protocole de Kyoto a-t-il encore du sens aujourd'hui?
Il s'agit du seul accord international contraignant en matière d'émission de CO2. 141 pays l'ont signé en 1997 mais pas les Etats-Unis. Depuis, des pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, qui n'avaient pas non plus signé le protocole, ont vu leur taux d'émission fortement augmenter. Aujourd'hui, Kyoto ne couvre plus que 30% des émissions de gaz à effet de serre.
3 / Où en sont les négociations?
Les Etats-Unis et la Chine refusent toujours de s'engager dans un accord contraignant. Or, de nombreux pays comme le Japon, la Russie ou le Canada ne veulent pas s'engager à nouveau sans ces deux Etats. Certains, notamment les pays les plus pauvres, souhaitent que le protocole de Kyoto, qu'ils n'ont pas signé, soit prolongé. Parallèlement, les dernières conférences ont permis d'avancer sur d'autres points. La création d'un "fonds vert" a été adoptée, qui doit permettre aux pays riches d'aider les plus pauvres à affronter les conséquences du changement climatique. Les contours plus précis de son fonctionnement seront discutés à Durban.
4 / Quelle est la position de l'Union européenne?
L'Europe est prête à se réengager dans le protocole de Kyoto. Elle a déjà promis de son côté de réduire de 20% ses émissions d'ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990. Toutefois, elle demande en contrepartie la mise en place d'une "feuille de route", qui concernerait toutes les grandes économies, et aboutirait à un cadre contraignant entériné en 2015, pour une application en 2020. Aujourd'hui, l'Union européenne représente 11% des émissions globales de gaz à effet de serre.
5 / Quelles sont les positions de la Chine et des Etats-Unis?
La Chine est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, elle veut un prolongement du protocole de Kyoto, dont elle n'est pas signataire. Son crédo: les responsabilités sont "communes mais différenciées". En clair, c'est en priorité aux pays développés de lutter contre le réchauffement climatique, puisqu'ils en sont à l'origine.
Quant aux Etats-Unis, ils semblent toujours contre l'idée d'un accord contraignant, mais se sont néanmoins engagés, lors du sommet de Copenhague, à réduire de 17% leurs émissions par rapport au niveau de 2005.
Photo de andre.vanrooyen en licence Creative commons.
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