Bien choisir sa formation humanitaire

Quelles sont les formations qui vont aideront à décrocher un job dans l'humanitaire? Découvrez notre sélection.

"L'humanitaire et la solidarité se professionnalisent" : tel est le constat, récurrent, des acteurs du secteur. Surfant sur la vague, de nombreux masters ont été créés au cours des dix dernières années. Pourtant, Christophe Moreau, responsable de missions internationales à la Croix Rouge, reste formel: "La multiplication des formations ne répond pas aux attentes des ONG". Les futurs étudiants doivent donc redoubler de vigilance avant toute inscription.

Fuyez les formations théoriques

Tout d'abord, assurez vous que la formation dans laquelle vous vous engagez est bien dispensée par des professionnels en contact avec le terrain. Celles se cantonnant à l'aspect théorique sont à proscrire. "Le terrain des actions humanitaires n'est pas le lieu de l'apprentissage professionnel", commente Christophe Moreau. Une période de stage est donc le passage obligé de tout étudiant souhaitant valider ses acquis avant la fin de son cursus scolaire.

Autre point crucial pour les recruteurs: l'expérience professionnelle. Prouver ses aptitudes professionnelles et crédibiliser ses compétences requièrent de la patience. Et ici, tout est affaire de maturité professionnelle; critère intangible pour manager une équipe.

Soignez vos expériences associatives

De ce fait, les recruteurs sont davantage séduits par les candidats disposant d'une première expérience professionnelle, même dans un tout autre domaine, puis se reconvertissant dans l'humanitaire. L'engagement associatif n'est donc pas à négliger et les parcours atypiques sont les bienvenus.

Amnesty International, qui recrute majoritairement parmi les diplômés de Science Po, estime néanmoins qu'il n'y a pas de voie royale. Le parcours idéal? Pour le directeur général de l'organisation, Stéphane Obbereit, il s'agit de combiner une formation théorique (études sur les droits de l'Homme, juridiques ou sciences sociales avec une spécialisation sur une thématique ou une région particulière) et une expérience du monde associatif.

Youphil a recueilli quelques recommandations auprès de ses partenaires, des responsables de recrutement dans les ONG, et dans les écoles.

> Bioforce, le numéro 1 du secteur

Leader aux yeux des recruteurs, Bioforce forme et accompagne les jeunes souhaitant s'engager dans l'humanitaire et la solidarité. L'école de Vénissieux propose aux bacheliers des "formations métiers" (logisticiens, administrateurs, techniciens en eau et sanitaires) homologuées au niveau bac +2 ainsi que des "formations outils" (gestions de projets, préparations aux engagements humanitaires). Pour ces dernières, une période d'apprentissage professionnelle de 6 mois en mission est prévue. En étroite collaboration avec les ONG, l'enseignement suit les évolutions du secteur. Grâce à ces programmes, le taux d'insertion dans la vie professionnelle serait, selon l'école, de 80 à 85% dans l'année qui suit la fin de la formation. Accessible à partir de 22 ans pour la plupart des cursus, l'entrée dans cet établissement privé est sélective.

> Consulter le site de Bioforce

> L'autre grande école de l'humanitaire

A Bordeaux, l'IFAID délivre le diplôme de "Coordonnateur de projet de solidarité internationale et locale". Accessible par concours aux Bac+2, cette formation en continue ou en VAE est certifié par l'Etat. Elle vise à former des professionnels du développement appelés à intervenir en France ou à l'étranger dans les domaines de la santé, de l'économie et du social.

> Visiter le site de l'IFAID

> Les formations universitaires

L'Institut d'Etude du Développement Economique et Social, à Nogent-sur-Marne, propose en partenariat avec Panthéon-Sorbonne (Paris 1) différents cursus.

Le Master "Crises: interventions humanitaires et actions de développement" forme des experts menant des programmes d'action d'urgence et de développement dans les situations de crises.

Le Master "Développement local: acteurs sociaux et dynamiques" est destiné à ceux qui souhaitent concevoir, mener et évaluer des politiques de développement dans les pays du Sud.

De leur côté, les Masters "Développement agricole et politique économique" et "Expertise économique en politique et projet de développement" ont pour vocation de rendre opérationnels des chefs de projets et de programmes. 

L'Université Lyon 2 propose également un Master "Communication, Humanitaire et Solidarité".

> Un partenariat entre ONG et écoles

En partenariat avec Bioforce et l'association Action contre la faim, l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques délivre un diplôme privé d'études supérieures, "Les métiers de l'Humanitaire", de niveau Bac+5.

> Se rendre sur le site de l'IPRIS

> Partir à l'étranger

Reconnu en Suisse et à l'Etranger, l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève propose 7 Masters et un doctorat, avec 6 spécialisations. En collaboration avec des organisations internationales, les formations ont pour objectif de transmettre aux étudiants les compétences nécessaires à l'analyse des enjeux du développement dans le monde contemporain.

>Se renseigner sur les formations de l'IHEID

> Le dernier né parmi les formations

De plus en plus, les organismes intervenants dans le domaine de la reconstruction à la suite d'une catastrophe humanitaire sont frappés par une pénurie de spécialistes. Pour remédier à cette difficulté, la Fondation Architectes de l'urgence, en partenariat avec l'Ecole Spéciale des Travaux Publics, lance le Mastère "Urgentiste Bâtiment et infrastructures". Dispensée sur une année à l'ESTP Paris, cette formation comprend 643 heures de cours ainsi que des stages en entreprise et le soutien d'une thèse.

>Découvrir la formation "Les architectes de l'urgence" 

Cette liste n'est pas exhaustive, pour plus d'informations, rendez-vous sur le site du Portail de la Solidarité internationale. Vous avez suivi une autre formation? Faites nous part de vos remarques.

Photo de une: Utenriksdept/flickr

> Retrouvez l'intégralité de notre dossier consacré aux humanitaires: 

Comments

Je réagis un peu tard... mais je m'en abstiens pas car je suis déçue par cet article et je voudrais que, si d'autres personnes intéressées par les formations humanitaires parviennent à le lire et lisent aussi les commentaires, elles puissent avoir une information plus complète.
J'adore Youphil, c'est un média différent que je suis et que je remercie mais sur ce coup là vous n'avez fait que suivre les tendances, en mettant en avant une fois de plus les mêmes formations qui apparaissent partout, qui sont "à la mode", et c'est malheureux!
Il faut savoir qu'il existe d'autres formations universitaires (mais pas que) qui forment pour travailler dans ce milieu et qui forment bien.
Il est vraie que de nombreux cursus universitaires touchants au milieu du développement, la coopération et l'action humanitaire sont assez théoriques mais de plus en plus ils obligent les étudiants à réaliser des stages.
Je vous donne un seul exemple, puisque c'est celui que je connais le mieux étant ancienne élève de ce master, le Master LEA Affaires Internationales et Informations Stratégiques qui propose un parcours "Gestion de projet humanitaire et culturel" à la fac de lettre d'Aix-Marseille Université. Non seulement ce parcours offre de bonnes bases théoriques en gestion de projet, stratégie, communication... ou geopolitique, mais aussi il compte avec une association intégrée au master dans laquelle sont engagés tous les étudiants de la promo du M2, quoi de mieux pour mettre en pratique ses connaissances?
Comme je disais précedemment, ce n'est qu'un exemple d'un master peu connu et reconnu... même si les médias commencent à le mettre en lumière, cette année il a été selectionné dans les pépites d'or du Nouvel Obs :)
A Aix aussi, il existe un autre master très intéressant à la fac de droit, plus difficile d'accès mais qui appartient au réseau NOHA, un réseau reconnu et valorisé par l'UE et dans de nombreux pays... il vaut vraiment le coup!
Enfin, renseignez-vous avant de décider et de vous laissez influencer par les formations les plus "tendances"! A la clé vous aurez un boulot mais pas toujours la meilleure formation, et au final ça compte aussi!

Bonjour,

Je souhaitais ajouter une information relative à une école formant aux métiers de l'action responsable, tant dans le monde des entreprises, des ONG ou des Organisations Internationales et qui s'appelle l'Ecole Supérieure de Commerce et Développement 3A, située à Lyon.

3A c'est quoi?
L’Ecole 3A n’est pas une grande Ecole comme les autres !

Avant l’expertise, avant les techniques, 3A défends des valeurs fortes : éthique, justice, égalité, ouverture au monde et respect du patrimoine Terre.

Ces valeurs ne sont ni des « accessoires » ni des faux semblants, elles sont au centre de ses enseignements : la géopolitique, les langues, le développement durable, l’économie sociale et solidaire, l’anthropologie, la responsabilité sociale sont dans cette école des dominantes.

Les étudiants de 3A ont une exigence légitime : ils veulent que leur métier soit en accord avec leur idéal. Ils veulent être les acteurs d’un monde meilleur.
3A les prépare à ce projet de vie en leur donnant les moyens de le mener efficacement.

Construire un monde meilleur ce n’est pas être un rêveur ou un utopiste.
Cela impose, avant de les infléchir, de pratiquer les réalités économiques et sociales, d’être performant dans tous les contextes et sur tous les continents. En effet les ONG se professionalisent de plus en plus et les futurs humanitaires ont besoin d'outils managériaux pour mener à bien des projets de développement.

Enfin, 3A est reconnue par l’Etat, le visa de son diplôme Bachelor (Bac+3) et l’homologation de son Master (niveau I) montrent qu’elle s’inscrit pleinement dans les exigences de l’enseignement supérieur en France comme à l’étranger.

Voilà pour le complément d'info sur les formations...

Il semble que vous n'ayez pas pris le temps de lire les deux; le premier s'intéresse aux formations humanitaires qui se multiplient et le second aux différents paramètres à prendre en compte avant de partir pour une ONG. Deux angles et contenus différents, donc. Ces deux articles font partie d'un dossier consacré aux humanitaires que nous publions tout au long de la semaine.

deux articles identiques à 1 jour de différence..?