On voit fleurir, depuis quelques années, des partenariats internationaux entre le public et le privé, comme le Fonds Global ou UNITAID. Leur objectif : développer l'accès aux médicaments pour lutter contre le sida, la tuberculose, la malaria ou encore d'autres maladies négligées dans les pays en développement.
Malgré des succès rapides et certains, et la mise à disposition de médicaments permettant de traiter mieux un plus grand nombre de patients promis à une mort certaine, force est de constater que les mêmes efforts n'ont pas été déployés pour faire face à la pénurie de personnel soignant dans les pays du Sud.
Pourtant, faute de formation de nouveaux médecins, de nouvelles infirmières ou d'agents de santé, et malgré la disponibilité accrue de médicaments, il sera impossible d'améliorer l'accès aux soins dans les pays en développement, et de respecter l'un des engagements majeurs du millénaire pour le développement des Nations Unies : le droit à la santé pour tous.
Aujourd'hui, 4,3 millions de soignants manquent à travers le monde pour rendre les soins accessibles à tous. La situation est particulièrement dramatique dans les pays en développement. 57 pays dont 36 en Afrique subsaharienne font en effet face à une pénurie grave de ressources humaines de santé.
L'Afrique est le continent où le nombre de maladies par habitant est le plus élevé. Or c'est la région qui compte le moins de professionnels de santé : 0,8% pour 1000 comparé à 10,3 pour 1000 en Europe. Or, pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, l'OMS estime que les systèmes de santé ont besoin de 2,5 agents de santé pour 1000 personnes.
Si on prend l'exemple particulièrement édifiant du Mozambique, frappé par la pandémie de sida avec une prévalence de patients VIH chez les adultes de 16,1%, la densité d'infirmières pour 1000 personnes y atteint seulement 0,21%, et celle des docteurs 0,03%. Autant dire que, sans une mobilisation d'urgence de moyens financiers et humains, la mise à disposition de médicaments ne suffit plus à maintenir les malades en vie. Les efforts constants du personnel médical des ONGs médicales ne peuvent à eux seuls pallier la pénurie.
Cette situation n'est pas isolée. Onze autres pays africains*, tous avec une prévalence VIH supérieure à 5%, ont moins de deux infirmières disponibles pour 1000 personnes.
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