
Un sommet pour l'éducation universelle à Pretoria
L'objectif de cette rencontre organisée en marge du Mondial de football était de rappeler que des dizaines de millions d'enfants africains ne sont pas scolarisés, faute de financements.
Le président sud-africain Jacob Zuma réunissait dimanche 11 juillet à Pretoria (Afrique du Sud) d'autres responsables africains pour un sommet dédié à l'Education (voir également à ce sujet l'opération "Un but: éducation pour tous"). A noter que la plupart des participants à cette rencontre viennent directement de Brazzaville au Congo, où une conférence de haut niveau sur les programmes scolaires et les questions structurelles liées à l'enseignement vient de s'achever...
Ce genre de rendez-vous donnent habituellement lieu à un affichage de statistiques officielles. En RDC par exemple, "les taux d’inscription à l’école ont augmenté de 50 pour cent entre 2007 et 2010 en RD Congo (RDC) grâce à l’amélioration de l’investissement dans le secteur de l’Education", d'après le ministre de l’Enseignement de ce pays.
Ces progrès quantitatifs ne sauraient faire oublier, toutefois, que 32 millions d'enfants n'ont toujours pas accès à l'école, et que dans l'ensemble, la qualité de l'enseignement s'est dégradée de façon spectaculaire ces 10 dernières années, d'après une analyse comparée des rapports nationaux (S. Kalekezi, Kampala, Université de Makelele). Ce dernier conclut, à l'issue de sa recherche en sciences de l'éducation, que "désormais, plus de jeunes adultes apprennent à lire et à compter, mais peu, à écrire, à conceptualiser leurs mondes et à s'approprier les savoirs qu'ils apprennent".
Baisse de l'aide de 7% par élève. Les experts s'inquiètent plus particulièrement de la baisse des financements internationaux. Les dernières données du Rapport Mondial de suivi sur l’Education pour tous font apparaître que l’aide par élève a baissé de 7 % en Afrique. Cela veut dire que les engagements pris il y a 10 ans, lors du Forum mondial sur l'éducation de Dakar, ne sont pas respectés: les gouvernements du Nord et ceux du Sud s'étaient promis de tout faire pour que l'objectif "éducation pour tous d'ici l'an 2015" soit atteint.
Pour espérer y arriver dans les pays les plus pauvres, il faudrait, d'après les experts de l'Unesco, 11 milliards de dollars annuels, au lieu des 2 milliards de dollars dépensés en 2008. (voir la synthèse du dernier rapport Une éducation pour tous). "Si les tendances actuelles se confirment, environ 52 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ne seront toujours pas scolarisés en 2015", souligne Kevin Watkins (chef du rapport EPT).
Les responsables de l'Unesco craignent que les enfants africains ne soient une génération sacrifiée par la crise, certaines estimations parlant même de 10 % de réduction des financements publics dans l'éducation de base en Afrique subsaharienne. "Nous commençons à observer les contrecoups de la crise financière sur les systèmes d’enseignement des pays à faibles revenus", déclare M. Watkins. Aux planificateurs de l'éducation dans les pays en développement, il faudra aussi, recommande le rapport, des efforts supplémentaires pour réduire "les inégalités liées au sexe, à la langue et au lieu de vie" qui caractérisent fortement l'éducation africaine.
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Un beau témoignage sur Amma
Isabelle